rothko-centre blanc- record.jpgUne restauration haute en couleur, sans dommage et réversible ! C’est à l’aide de rayons X et de spectromètres que des chercheurs de l’Université d’Harvard ont redonné en juin 2010, pendant quelques heures, tout leur éclat à cinq toiles du peintre abstrait Mark Rothko (1903-1970). Abimés par la lumière, ces tableaux, qui ornaient la salle à manger de la clinique d’Harvard, avaient été mis à l’abri dans les années 80. L’artiste américain les avait réalisé en 1961, honorant ainsi sa première commande publique.

Les experts du centre d’études et de conservation d’art moderne de l’Université d’Harvard, avec le soutien du M.I.T. et de l’Université de Bâle, ont étudié les pigments utilisés par Rothko pour ces « Colorfield Painting » c’est-à-dire de « champs colorés » selon l’expression du critique d’art Clement Greenberg. Ils ont numérisé les données chromatiques avant d’en établir la vibration chromatique qu’avait choisi l’artiste et d’en faire une projection sur les toiles elles-mêmes. Ce procédé ingénieux donne l’illusion d’une restitution. Employé en architecture, cette technique permet de restaurer virtuellement la polychromie médiévale. Depuis 2008 à Amiens, la façade de la cathédrale Notre-Dame, magnifique église gothique du XIIIe siècle, renaît ainsi sous les projecteurs.

Photo  : L’oeuvre de Mark Rothko « Centre blanc (jaune, rose et lavande sur Rose) », 1950, achetée chez Sotheby à New York en mai 2007, 56 millions d’euros par la famille régnante du Qatar.