Arles passionne et enchante à la fin du XIXe siècle. De part ses vestiges romains et sa campagne ensoleillée, la ville provençale a attiré des peintres de renom, dont deux des plus grandes figures avant-gardistes du siècle : Paul Gauguin et Vincent Van Gogh. Aujourd’hui, la ville est parsemée de lieux emblématiques, immortalisés par les pinceaux de ces deux amis qui ont vu en cette ville une source d’inspiration unique. Bien consciente de l’importance de leurs traces, la ville d’Arles offre les meilleurs parcours pour revivre cette période de foisonnement artistique.

Arles, terrain de nouvelles recherches 

C’est le 20 février 1888 que Vincent Van Gogh, alors âgé de 35 ans, arrive dans la petite ville des Bouches-du-Rhône. Après deux années prolifiques à Paris, le peintre néerlandais décide de partir du train de vie parisien qui ne lui convient plus. Ainsi part-il découvrir les territoires du Sud de la France et leur climat printanier, dont son ami, le très fameux Paul Gauguin, lui parle depuis quelques temps. Une fois sur place, Van Gogh tombe très vite sous le charme de la ville et sa campagne et annule son projet initial d’aller à Marseille pour partir ensuite en Afrique. Van Gogh reste à Arles, s’installe dans la fameuse  »maison jaune » et enchaine les escapades dans la campagne arlésienne. Durant des heures et des heures, plusieurs jours d’affilé, le peintre s’exerce à un style nouveau, foisonnant de couleurs et haut en relief. En effet, si Van Gogh décide de partir en Provence, c’est pour répondre à ses nouvelles recherches plastiques qu’il initie à Paris alors qu’il découvre le cercle impressionniste et la mode du japonisme. Lui-même collectionne de nombreuses estampes qui l’inspirent beaucoup dans sa pratique chromatique. Commence alors une nouvelle phase de son art où portraits, paysages et natures mortes se côtoient en coups de brosse et en couleurs franches. 

Deux artistes pour une même quête

Paul Gauguin, Les Alyscamps, 1888

Plus tard dans l’année 1888, Van Gogh est rejoint par son ami Paul Gauguin qu’il invite à venir exercer son art et former un collectif artistique, aussi modeste soit-il. Les deux amis cohabitent ensemble plusieurs semaines durant et peignent les mêmes endroits de la ville et de la campagne. L’absinthe s’invite à la fête, comme à son habitude en cette fin de siècle, et rend les deux artistes souvent agressifs entre eux. Les disputes se multiplient, non seulement à cause de leur cohabitation difficile, mais particulièrement à cause de l’opposition trop importante entre leurs deux pratiques picturales.

Vincent Van Gogh, L’allée des Alyscamps, 1888

On voit cette opposition notamment dans leurs représentations des Alyscamps de Arles. Ce lieu incontournable de la ville, où les sarcophages paléochrétiens et les arbres élancés dirigent l’allée vers la petite église Saint-Trophime, offre un paysage apaisant et coloré pour les deux artistes qui y installent de nombreuses fois leur chevalet. C’est à ce moment que l’on comprend qu’un endroit n’est jamais le même selon quel oeil se pose dessus. Malheureusement, une dispute tourne particulièrement mal, Van Gogh y laisse son oreille et Gauguin part sans jamais revenir. Cette dispute marque la fin de cette complicité entre les deux peintres et met fin à leur séjour dans l’Eden. 

Sur les pas d’une histoire de l’art contemporain 

Plusieurs mois s’écoulent avant que Van Gogh tombe dans la folie. Il se fait interner volontairement à l’hôpital Saint-Rémy-de-Provence le 8 mai 1889 et met finalement fin à ses jours le 29 juillet 1890 (une version parfois discutée). L’épisode arlésien de Van Gogh est celui qui fait couler le plus d’encre encore dans l’histoire de l’art contemporaine, avec des oeuvres toutes plus connues les unes que les autres comme la fameuse  »Nuit étoilée » qui fascine les amateurs d’art. Intimement liée à l’histoire de Van Gogh et de Gauguin, la ville d’Arles est aujourd’hui un des principaux centres d’art contemporain en France et accueille notamment les très renommées Rencontres Internationales de la Photographie. Une visite s’impose pour tout amateur d’art qui profiterait ainsi des vestiges antiques romains, des diverses exposions d’art contemporain et de photographie et, bien-sûr, des parcours retraçant les pas de deux des peintres les plus iconiques de la fin du XIXe siècle. 

à gauche : Van Gogh, Le café d’Arles de nuit, 1888
à droite : le café aujourd’hui n’a pas changé

Certaines villes et régions de France sont devenues, au cours de l’histoire, des foyers artistiques extrêmement importants. Aujourd’hui, nombre d’entre eux sont des lieux de pèlerinage pour les artistes et amateurs d’art qui souhaitent retracer l’histoire.

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