Au tournant des années 1960, l’avant-garde est enfermée dans un sérialisme bruyant. Avec ses créations sonores, Charlotte Moorman (1933-91) vient bouleverser le courant dominant. Le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain rend hommage à cette pionnière qui a fait de la musique, matière à création plastique. Jusqu’au 12 avril 2020.

Nam June Paik, Yoko Ono, Joseph Beuys étaient fascinés par celle qui, très vite, a été qualifiée de « Jeanne d’Arc de la Nouvelle Musique ». La violoncelliste s’était rapprochée de John Cage. Tandis que le musicien développe une musique où les bruits du monde sont utilisés comme source de création ; elle, de son côté, invente un nouveau rapport à l’interprétation. A chaque occasion, Charlotte Moorman questionne la frontière entre musique et arts plastiques.

Charlotte Moorman est née en 1933 à Little Arkansas. Vers l’âge de 11 ans, elle se prend de passion pour le violoncelle. Une décennie plus tard, elle intègre Julliard, le prestigieux conservatoire de musique classique et de performance de New York. « Je voulais changer le répertoire du violoncelle parce que nous, violoncellistes, avons toujours dû transcrire nos parties de la partition pour violon ou piano. J’ai demandé comment cela fonctionnerait-il en tant que soliste ?  » Son goût pour l’improvisation s’affirme et lui permet de se produire avec des musiciens comme Nam June Paik, John Cage, Wolf Vostell, Joseph Beuys, Joseph Byrd… Elle a ainsi « converti » de nombreuses partitions de musique classique dans le but de décomposer les compositions en éléments abstraits.

Contester l’esthétique en utilisant des objets du quotidien : appareils électroménagers, du papier, la radio, la vidéo et parfois le violoncelle et d’autres instruments traditionnels pour transmettre cette idée. Bien avant la reconnaissance de la performance artistique comme expression nouvelle. « Oubliez les définitions, ce sont comme des chaînes autour de l’artiste … les sons doivent être libres … désapprendre les définitions que nous avons reçues à l’école« , a t-elle déclaré dans une interview à Art in America, 1981. Deux ans avant qu’elle ne décède, la journée du 11 janvier 1989 est décrétée à New York, « Charlotte Moorman Day ». En 1967, dans la même ville, elle avait été arrêtée par la Police pour sa magistrale performance, « Opéra Sextronique ». 

> Exposition « Charlotte Moorman » au Château de Monsoreau – Musée d’art contemporain

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