Le peintre Corneille est mort il y a 10 ans, en 2010, à l’âge de 88 ans. C’est pour célébrer ses années de recherche auprès de ses amis du groupe CoBrA que le musée de Pont-Aven consacre une exposition à l’artiste de l’imaginaire. « Corneille : un Cobra dans le sillage de Gauguin », jusqu’au 24 mai 2020.

Le Hollandais Corneille a cherché toute sa vie une famille d’adoption, à la fois d’esprit et de création : tout d’abord, les copains, CoBrA, les artistes de sa génération qu’il rassemble autour du galeriste Mathias Fels, et les maîtres Gauguin, Van Gogh… Et c’est Pont-Aven qui semble l’avoir adopté, définitivement. Corneille est-il un bon peintre ? Là n’est pas la question. L’artiste est touchant par son hédonisme acharné et dans sa façon de ne pas trancher entre figuration et abstraction.

74 oeuvres de Corneille ont été réunies par le commissaire, Victor Vanoosten, qui a choisi de montrer le lien qui unit Corneille et Paul Gauguin au musée de Pont-Aven, un écrin pour les artistes. « Le fil rouge de l’exposition est la quête de l’ailleurs », explique t-il faisant la démonstration de ses nombreuses sources d’inspiration : Paul Klee, en 1947, New-York, l’Afrique… Le parcours chronologique est rythmé par des clichés agrandis dont la plupart ont été réalisés par la première épouse, immense photographe. Une excellente idée du scénographe, Eric Morin.

Arrivé à Paris en 1950, Corneille découvre la liberté de l’art brut, la part de l’imaginaire encouragée par les surréalistes, la pluri-disciplinarité… Corneille partage ses idées avec Karel Appel et Constant Nieuwenhuys. Sa participation au Groupe expérimental hollandais l’engage sur la voix de la spontanéité. A l’instar de Paul Gauguin, Corneille voit jaune. Il se nourrit du pigment vermillon avec appétit. Dans les années 60, les paysages paradisiaques envahissent ses toiles, peuplées de femmes alanguies et de chats bienveillants. j’ai adoré sa série des dessins à l’encre de chine mêlant une graphie imaginative et le rythme d’une architecture hors du commun. Il laisse à la postérité des morceaux de joie de vivre. Merci Corneille !

www.museepontaven.fr

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