L’Institut Giacometti à Paris présente une exposition sur le travail d’interprétation des écrits du Marquis de Sade par le sculpteur Alberto Giacometti. Une réhabilitation qu’exprime une photographie notamment, de Man Ray : « Lili tenant l’Objet désagréable » (1931). Jusqu’au 9 février 2020.

Des « objets à fonctionnement symbolique » animent l’imaginaire de Giacometti dans les années 30. Les écrits du pensionnaire de la Bastide, auteur des histoires de Justine et de Juliette, et les 120 journées de Sodome, trouvent une forme plastique auprès du sculpteur suisse. Il abandonne ses figures humaines filiformes pour une courte série de sculptures surréalistes aussi lisses qu’expressives. Ces oeuvres, appelées « objets désagréables » pour certaines, présentent des formes pures et homogènes dans leur composition, mais avec toujours un détail qui remet en contexte l’écrit à l’origine de l’interprétation. En témoignent ces petits pics au bout de l’objet dit « désagréable » à l’évocation phallique. Cette scène, immortalisée par Man Ray, rend le spectateur trouble face à cette femme, Lili, qui fixe ces « malformations » et accentue l’effet de malaise. 

« Lautréamont un peu gonflé, il crie toujours trop fort, Sade est plus moderne et dépouillé », note Giacometti dans ses carnets. Objets sexuels ou silhouettes désirantes, Giacometti a su interpréter avec force les écrits du Marquis, que l’autrice et critique littéraire Annie Le Brun défini comme un  »bloc d’abîme au milieu du paysage des Lumières ». Formes diverses et variées trouvent leur place à l’Institut Giacometti pour une exposition décomplexée sur Sade, l’un des penseurs les plus controversés de la Révolution.

L’Institut Giacometti est ouvert sur réservation. Du mardi au dimanche : 10h – 18h. Institut Giacometti, 5, Rue Victor Schoelcher, 75014 Paris www.fondation-giacometti.fr

 

 

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