Dalí, le Catalan, et Magritte, le Belge, sont présentés dans un face à face inédit au Musée des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, jusqu’au 10 février. Les 80 œuvres exposées témoignent de l’influence du surréalisme.

L’un est fou de l’écrevisse et a développé un univers complexe, l’autre est sans détours, et il est associé à l’imaginaire. Les deux icônes se croisent à Paris au printemps 1929. Dalí invite Magritte à passer l’été à Cadaqués, en Espagne. L’homme au chapeau rond y rencontre Miró, Paul Éluard et le réalisateur mexicain Luis Buñuel. Les idées fusent, s’hybrident. « Toute chose ne saurait exister sans son mystère », déclare Magritte. Quant à Dalí, la mâchoire est pour lui un moyen de connaissance. Une exposition double à croquer pleines dents !

Issu d’une famille modeste, Magritte jouit du confort d’une vie bourgeoise avec son épouse, Georgette, bonne cuisinière. Mais sa vie d’apparence tranquille est marquée par le suicide de sa mère quand il avait 14 ans. Introverti, subversif et libre, l’artiste fait figure d’ovni. « Ceci n’est pas une pomme », peut-on lire dans un tableau de 1964, soulignant le décalage entre l’objet et sa représentation. Dans Variante de la tristesse de 1957, Magritte, philosophe, peint une poule au centre, elle vient de pondre un œuf. Qui de l’œuf ou de la poule est arrivé en premier ? Magritte est l’homme du paradoxe.

Dans l’autoportrait commandé à Magritte en 1964, Le Fils de l’homme soulève la question de l’identité. Le titre évoque l’appellation de l’homme dans la Bible. C’est le sauveur des justes. Incarne t-il pour autant la pomme de la discorde ? Magritte adore brouiller les pistes. Ses titres sont volontairement énigmatiques. Tout paraît lisse dans la vie de Magritte, à l’image de cette pomme séduisante, appétissante, elle flotte dans l’espace et lui masque le visage. Magritte se cache. C’est un joueur.
> Fine-arts-museum.be

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