Récompense du Premier Prix Sisley Beaux-Arts de Paris pour la Jeune Création, la première exposition personnelle de Karolina Orzelek se tient au siège parisien de la maison Sisley, au Trois-Cinq Friedland, du 2 juin au 16 juillet 2020.

Karolina Orzelek, Garden Party

« Le prix Sisley-Beaux Arts de Paris pour la Jeune Création a été conçu comme un encouragement pour les artistes à poursuivre leur chemin vers la reconnaissance », stipulait la convocation adressée aux membres d’un jury composé exclusivement de femmes sous la signature de Christine d’Ornano, à l’origine du Prix. Une date à inscrire dans les agendas, celle du 5 mars 2020 à 14h à l’école des Beaux-Arts de Paris.

Proche des étudiants, Kathy Alliou est à leur écoute durant leurs années d’études, elle connaît le nom de chacun, conseille les uns sur l’atelier à choisir, les autres sur les différentes pratiques. C’est donc tout naturellement à elle qu’a été confiée la sélection du jury, ainsi qu’à David-Hervé Boutin, producteur-concepteur d’événements artistiques, qui accompagne la maison Sisley dans la programmation de sa saison culturelle.

Quatorze femmes d’influence ont été choisies, parmi lesquelles trois actrices du marché de l’art : Kathy Alliou  et aussi Yoyo Maeght, éditrice et commissaire d’expositions, Serena Cattaneo, directrice de la galerie Gagosian à Paris ; trois critiques d’art : Marie Kalt, rédactrice en chef de AD magazine, Elizabeth Tchoungui, écrivaine, Alexia Guggémos, autrice, directrice de l’Observatoire Social Média ; quatre artistes  : Nathalie Talec, professeure aux Beaux-Arts de Paris, Eva Jospin et Pauline Guerrier, anciennes élèves des Beaux-Arts de Paris, et Cécile Fricker-Lehanneur, designeuse ; trois collectionneuses : Carmen Busquets, Vénézuélienne francophile, à l’origine des plus grands succès du luxe sur Internet, Mélanie Doutey, comédienne et Anne Majourel, cheffe étoilée. Toutes réunies autour de Christine d’Ornano, la présidente du jury, très engagée au sein de la Fondation du groupe qu’elle dirige.

Les délibérations ont lieu à l’école des Beaux-Arts de Paris, dans un cabinet de curiosités mêlant livres de dialectique, gravures anciennes et toiles contemporaines. Ici, règne l’esprit des Anciens et des voyages initiatiques. Sur la table ronde en chêne massif, des pochettes cartonnées de couleurs vives contenant les dossiers des douze artistes-diplômés de l’école retenus attendent les membres du jury. Pour accéder à l’aile ouest de l’école, côté Seine, il a fallu fouler le pavage de grès, longer les colonnes de fonte, traverser la cour vitrée puis monter une à une les marches d’un imposant escalier de marbre. Sous la majestueuse voûte ovale et cintrée du vestibule, Christine d’Ornano accueille chacune de ses hôtesses dans ce lieu prestigieux que fréquentèrent Ingres, Matisse, Brancusi… Tous ces artistes – parmi tant d’autres – ont arpenté les allées de cette bâtisse du XVIIe siècle, aujourd’hui intégré à l’école des Beaux Arts de Paris ; ils y ont admiré les décors peints, passé un temps infini dans la bibliothèque, riche de plus de cinquante mille ouvrages.
L’esprit de chaque membre du jury se laisse happer par le souvenir qu’ont laissé ici ces illustres prédécesseurs et qu’ont perpétué les générations suivantes. Nathalie Talec, cheffe d’atelier dans l’éminente école, en est la gardienne inspirée, capable d’emporter son auditoire vers des territoires inexplorés au sens propre comme au figuré. Eva Jospin en est aussi l’une des dignes héritières et s’est fait depuis connaître par ses forêts sculptées dans du carton, ses fresques dentelées comme hantées par les djinns. L’artiste annonce qu’elle reviendra y exposer ses dessins en 2021. Récemment diplômée, la sculptrice Pauline Guerrier, est fière d’apporter sa jeune expérience.

Amoureuses des arts, la comédienne Mélanie Doutey, plusieurs fois nominée aux Césars et aux Molières, et l’écrivaine franco-camerounaise Elisabeth Tchoungui, viennent s’assoir autour de la table. Tout juste arrivée de New-York, l’éditrice Yoyo Maeght est heureuse de faire partager à chacune le succès du peintre japonais Aki Kuroda dont elle vient d’organiser l’exposition outre-Atlantique. L’éclectisme est de mise au sein du jury où la cheffe étoilée Anne Majourel, qui a tenu avec maestria la barre d’un bateau-restaurant sur les hauteurs du mont Saint-Clair en Occitanie, a eu la délicate attention d’apporter des mignardises gourmandes pour régaler chacune des jurées. « Vive l’art sous toutes ses formes ! » lance-t-elle, ses yeux rieurs mettant du pétillant au menu des débats.

Les douze artistes-nominés sont présentés par Kathy Alliou. Rappel des critères de sélection : l’originalité en regard de l’Histoire de l’art et des enjeux contemporains, la maîtrise pratique et théorique, la force du travail, la sensibilité et la profondeur autant que la complexité de l’écriture, et enfin, le potentiel de développement. Autant de critères pour dévoiler ses coups de cœur comme le rappelle Christine d’Ornano, des papillons de couleurs pleins sa liste. Suivent deux heures d’échanges enfiévrés. Nathalie Talec appuie la candidature d’une artiste-diplômée dont le travail se distingue par le maniement subtil de l’humour. Eva Jospin insiste sur la prise en compte du facteur « recherche »; Carmen Busquets interroge l’assemblée pour mieux comprendre un processus de fabrication, intriguée par une mousse « bizarroïde » et envahissante ; Alexia Guggémos défend un travail qu’elle a apprécié lors de l’exposition annuelle des « Félicités », une immense cage métallique recouverte de cire se consumant durant toute la durée de l’exposition.

Karolina Orzezlk, Garden Party 3

Vient le tour d’une artiste-diplômée dont les paysages fauves suscitent d’abord l’intérêt de quelques-unes, puis l’enthousiasme de toutes. Le choix du bois comme support surprend, les lignes impressionnent, la couleur séduit. « Un incroyable talent de coloriste. Et quel sens du modelage ! » atteste Cécile Fricker-Le Hanneur. « C’est le paradis retrouvé… » renchéritMélanie Doutey. La jeune artiste ainsi plébiscitée s’appelle Karolina Orzelec et ses œuvres, présentées sur Instagram, laisse déjà entrevoir l’étendue de son talent. Née à Bielsko-Biala dans le sud de la Pologne, âgée de 28 ans, elle vit depuis peu à Paris. Le vote des membres du jury est lumineux. Karolina Orzelek remporte le Prix Sisley Beaux-Arts de Paris pour la Jeune Création 2020 sous les applaudissements de toutes.

À l’issue des délibérations, le jury est invité à rencontrer les élèves de Nathalie Talec et découvrir leurs travaux prometteurs. Il se rassemble ensuite, tout sourire, pour une photographie de groupe à laquelle se joint Jean de Loisy, directeur de l’école des Beaux-Arts de Paris, fervent soutien de ce prix prestigieux qui contribue à la notoriété de l’établissement.

Récompense de ce Premier Prix, la première exposition personnelle de Karolina Orzelek qui se tient au siège parisien de la maison Sisley, au Trois-Cinq Friedland, du 2 juin au 16 juillet 2020. « Je suis infiniment reconnaissante envers mes professeurs, confie la jeune-femme, très émue. J’ai fait ainsi mon apprentissage auprès de Philippe Cognée, qui m’a enseigné le sens de la composition et le regard cinématographique. Tim Eitel m’a appris le patient travail du bois et m’a donné la clé du vivant. » La devanture de la maison Sisley est occupée par un tableau imprégné d’un romantisme contemporain dominé par une vibrante palette de verts. « Green Party II » ouvre ainsi une fenêtre heureuse sur le travail introspectif de la jeune artiste. « La nouvelle notoriété que m’apporte le Prix va me permettre de peindre sur de plus grands formats, exprime Karolina Orzelek, ravie, et représentée désormais par la galerie Sabine Bayasli. Souhaitons-lui bonne route, la voici lancée !

Karolina Orzelek dans son atelier

Toutes les informations sur le Prix Sisley Beaux-Arts de Paris pour la Jeune Création
www.sisley-paris.com

Le site de l’artiste Karolina Orzezek
www.karolinaorzezek.com

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