Puisées dans la collection patrimoniale de la Maison Van Cleef & Arpels fondée en 1906 par Alfred Van Cleef et Salomon Arpels, quelques 250 créations joaillières sont exposées à la Grande Galerie de l’Evolution à Paris. Jusqu’au 14 juin 2021.

L’arbre aux tourmalines de Jean Vendome

Des pièces rares de l’exposition « Pierres précieuses » : l’arbre aux tourmalines du joaillier Jean Vendome ou encore la table de Mazarin au XVIIe siècle en marbre de Carrare incrustée de lapis-lazuli, de jaspes et de nacre. En tout ce sont près de 400 minéraux bruts, gemmes façonnées et bijoux de haute joaillerie qui sont exposés offrant une perspective inédite de la nature à l’œuvre depuis des milliers d’années.

Abritant 4 500 gemmes et 4 000 d’objets d’art, la collection du Muséum se constitue depuis près de 400 ans. Expéditions naturalistes du XVIIIe siècle, dons, acquisitions, mécénat ainsi que les collectes actuelles des chercheurs du Muséum n’ont cessé et ne cessent de l’accroître. En 2020, la collection de gemmes représente 300 espèces différentes dont certaines extrêmement rares comme la lauren homasite, découverte en 2018. Elle abrite également la plupart des pierres que l’académicien Roger Caillois avait rassemblées réunies en quasi-totalité au Muséum grâce au mécénat de la Maison Van Cleef & Arpels.

Clip papillon Karakusa (2012) Van Cleef & Arpels

Parmi les personnalités qui ont marqué la collection du Muséum de leur empreinte, Stanislas II, roi de Pologne et la souveraine Catherine II de Russie. Dans l’élan du siècle des Lumières, les voyages de Commerson, Bougainville puis Dombey offrent à l’étude et aux savoirs de nouvelles espèces. Puis en 1796, par le biais des saisies révolutionnaires, un riche ensemble de pierres précieuses — comprenant le Grand Saphir de Louis XIV, aujourd’hui présenté dans l’exposition Trésors de la Terre — rejoint le Muséum. Ni la dynamique ni la diversité de la collection ne s’estomperont au siècle suivant. Entre cadeaux diplomatiques de souverains et donations par intérêt pour la science, minéraux et gemmes affluent. La collection est marquée par l’abbé René–Just Haüy, père de la minéralogie et de la cristallographie modernes, qui a réuni une vaste collection que le Muséum acquiert en 1848 et dont des recherches récentes ont permis de me re en évidence la richesse fondatrice en gemmes et objets d’arts, jusqu’alors négligée. En prenant vie sous le règne de Louis-Philippe en 1841, la galerie minéralogique de 187 mètres de long (première du genre) se dote de 192 vitrines et pupitres. À l’époque, le Muséum conserve déjà 18 000 échantillons, un record mondial.

Au XXe siècle, le banquier américain J. P. Morgan o re au Muséum la collection du joaillier Tiffany en 1902 dont les premières kunzites, brutes et taillées. Puis en 1937, le colonel Vésigné lègue 5000 minéraux bientôt complétés par l’acquisition de 15000 de ses échantillons par le Muséum dont des gemmes excessivement rares comme la bénitoïte ou la willémite. Lorsqu’en 1973 naît l’association des « Amis de la minéralogie du Muséum national », les donations et souscriptions soutenues par l’État perme ent l’entrée dans la collection de cristaux géants — clou de l’exposition Trésors de la Terre. Issue des profondeurs de la Terre et toujours nourrie depuis quatre siècles, la collection minéralogique du Muséum, au-delà des enseignements et découvertes qu’elle suscite, unit dans une même émotion savants et poètes, chercheurs et rêveurs.

www.jardindesplantesdeparis.fr

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