« La figure est très belle, et serait bien conservée si le bout du nez n’était pas entamé », écrit l’explorateur Jules Dumont d’Urville à l’ambassadeur à Constantinople, le 19 avril 1820. Sur l’île de Milos, l’officier de marine a en effet mis le pied à terre. Embarqué sur la Chevrette, il est chargé des observations d’histoire naturelle et d’archéologie. Il comprend tout de suite que la statue est d’une inestimable valeur.

« Notre-Dame de Beauté », comme la définit le poète allemand Heinrich Heine, fut tout d’abord trouvée par un agriculteur, sur l’île de Milos, dans l’archipel des Cyclades. La statue était cassée en deux parties. Admiratif, l’homme la cacha pour la préserver de toutes convoitises, mais elle fut ensuite découverte par des soldats turcs et vendue à l’explorateur français. Le lieutenant de vaisseau la fit restaurer avant de la présenter au roi Louis XVIII, qui l’acheta et la plaça au Louvre. La Vénus de Milo est l’un des trois grands chefs d’œuvre du musée.

Faut-il y reconnaître Aphrodite, souvent figurée à demi nue, ou Amphitrite, déesse de la mer vénérée à Milo ? La statue reflète les recherches des sculpteurs à la fin de l’époque hellénistique : elle innove par sa composition hélicoïdale, un sens du mouvement inédit dans la statuaire grecque. Innovante, également, par l’insertion de la figure dans l’espace et le glissement du drapé sur les hanches.

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