liu bolin1.jpgOn l’appelle l’homme invisible… Comment se fondre dans le paysage, c’est tout l’art du camouflage développé par Liu Bolin, un artiste chinois de 36 ans., diplômé de l’école des Beaux-arts de Shandong. Liu Bolin joue avec le corps comme s’il s’agissait de sculptures vivantes. Dans sa série « Hiding in the City », réalisée à Pékin pendant la préparation des Jeux Olympiques (photo), l’artiste se peint en fonction du décor dans lequel il veut disparaitre, puis se fait peindre pour peufiner l’oeuvre. « Pour moi, confie t-il, j’opte en faveur de l’intégration à la société. Ce n’est pas que je m’immerge dans ce milieu, mais plutôt que ce milieu m’envahit. » Dans la photo ci-dessous, cherchez-le !

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2 Commentaires

  1. L’artiste Liu Bolin est devant la première roue, à droite de l’image, juste avant la beine du camion, y’a son visage à côté de l’inscription, lettres noires sur fond jaune orangé,  » ZL 50 « .
    C’est intéressant au niveau optique.
    Un mix entre Georges Rousse et Felice Varini, mais sur un versant plus politique qu’esthétique.
    Et c’est l’art du camouflage comme mode de survie…

  2. Dans Pif gadget, le journal des « gauchistes » d’alors, on pouvait jouer à colorer les Castors juniors dans les pages de Jeux. Ou alors il fallait deviner qui était caché dans un fatras de détails. Mickey ou Pif gadget renvoient aujourd’hui aux pages jeux du Nouvel Obs ou de Libération, pour se relaxer d’un surcroit d’informations tragiques. Warhol avait reproduit un coloriage bi-dimensionnel au tableau, rabaissant l’art au ludique et à la révélation amusante. Aujourd’hui, les calembours visuels se pratiquent un peu partout, c’est un effet d’art universel. La société de consommation n’est plus visée. La réception est un terrain saturé. Les artistes s’attardent paradoxalement au monde de la production (le savon géant de Fabrice Hybert). Ce qui impressionne est le naturalisme du rendu, car sans trucage, la prouesse se fait plus audacieuse sans effets spécieux qui relèveraient de Photoshop ou d’un autre effet illusion. Ces anciens communistes-libéraux reprennent 40 ans après leurs réflexes de jeunesse. Est-ce une réussite technique? Un effet spécieux naturaliste? Le coloriage est juste un peu plus élaboré que les BD pour enfants. Le fantasme de voir l’artiste disparaître de notre monde est par contre sous-jacent à l’attitude fonbecot de l’artiste. Un portrait de l’artiste invisible qui à l’instar du réel, ont disparus depuis Baudrillard.

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