Après un succès retentissant à l’Exposition Universelle de 1937, la designer et créatrice de bijou, Line Vautrin, s’est fait réellement connaître après-guerre, avec le thème du soleil, très attractif, marquant une ère de renouveau. Car il y a de la magie dans ces fenêtres qui vous happent hors du temps et de l’espace… La galerie Chastel-Maréchal à Paris en a fait sa spécialité. Elle les expertise, les indexe dans un livre. Retour sur le parcours de Line Vautrin (1913-1997), artiste majeure des arts décoratifs au XXe siècle. 

Fille d’un bronzier d’art, issue d’une famille de fondeurs du faubourg Saint-Antoine à Paris, Line Vautrin va apprendre et donner très vite libre cours à sa créativité. Familière des techniques du bronze, la jeune passionnée crée des modèles de plâtre puis elle fond, cisèle, dore et émaille ce parent pauvre de la bijouterie, inventant des formes devenues de véritables pépites de la joaillerie. Colliers Saute-mouton, boîtes Plat comme la galetteMaigre comme un clou ou encore Long comme la girafe, bracelet Petit Poucet qui s’articule autour d’une silhouette en trois rangées de petits osselets rappelant le conte, la forêt dense, et des petits cailloux. Les créations de Line Vautrin sont en effet empreintes de poésie et d’humour. Et c’est ce qui fait son charme incommensurable !

« Poétesse du métal », selon le magazine Vogue

En 1937, à l’Exposition Universelle de Paris, Line Vautrin présente sa collection de boutons en bronze et de bijoux fantaisistes qui la propulse dans le monde de la mode. Son pendentif en bronze doré figurant Adam et Ève au paradis et monté sur une chaîne tubogaz marque les esprits. Les retombées de l’événement lui permettent, dès l’année suivante, d’ouvrir une boutique à Paris, près des Champs-Elysées, et de prendre part au Salon des artistes décorateurs. Elle y présente poudriers, boîtes à fard et piluliers en bronze doré à rébus.

LINE VAUTRIN, GRAND MIROIR “ROMAIN” ÉTOILÉ
LINE VAUTRIN, GRAND MIROIR “ROMAIN” ÉTOILÉ 1955 – GALERIE CHASTEL-MARECHAL (Paris)

L’insatiable créatrice dépose un brevet en 1953, celui du Talosel, invention qui lui permet de transfigurer la matière – changement de perception – bois, écaille, métal vieilli… Obtenu à partir d’acétate de cellulose élaboré, le Talosel permet à Line Vautrin de donner un éclat singulier et précieux à ses créations. Cette partie de son oeuvre est aujourd’hui la plus prisée sur le marché de l’art, notamment pour ce qui est de ses miroirs « sorcière » dont elle va imaginer plus de 150 modèles.

Quelle estimation pour un miroir sorcière, soleil, lune ou folie… conçu comme une sculpture par Line Vautrin ? Le point culminant sur le marché de l’art est la vente de la collection de la fille de l’artiste en 2015 à Paris chez Christie’s. C’est lors de cette vacation que s’est établi le record de vente avec le miroir « Si tous les gars du monde ». Estimée entre 80 000 et 120 000 euros, cette pièce unique a été adjugée à 421 500 euros (frais compris). Nouveau coup d’éclat, le 7 juin 2021, avec le miroir étincelle de Line Vautrin vendu au prix de 127 000 euros dans l’émission Affaire Conclue sur France 2. Un formidable engouement médiatique pour ces fabuleux miroirs qui attirent de plus en plus d’acheteurs internationaux.


« Line Vautrin – Miroirs »

Partez à la découverte de la vie et l’oeuvre de Line Vautrin, avec un livre écrit par Patrick Mauriès et publié en 2004 par la galerie Chastel-Maréchal à l’occasion de son exposition éponyme, « Line Vautrin – Miroirs ».

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