Camille de Buhren, Projet B, Bernadette, depuis 2018.

Du 11 au 24 janvier 2021, le collectif Objectif Nu propose une exposition photographique on line mettant en scène 11 photographes amateurs et professionnels qui nous offrent un travail intime et personnel porté sur le nu et dont émane de chacun une vision audacieusement dépeinte des corps masculins comme féminins.


Vergetures, cicatrices, imperfections ; courbes modelées, façonnées tels des objets d’art dans une pure plasticité des formes humaines ; érotisme, censure, la chaire et ses frissons : la pluralité des corps se mêle à la pluralité des styles à travers cette exposition 100% digitale. Covid oblige, les éphèbes et les nymphées resteront dans les allées d’Internet en ce début d’année. Mais plus qu’une exposition, Objectif Nu propose à ses visiteurs de nouveaux horizons pour aborder la question du nu dans la photographie. L’objectif ? Casser les standards et la nostalgie des corps trop parfaits pour une beauté universelle du physique qui s’assume comme il est.

Marc Turlan, Benjamin Karim B., 2020

Parmi les photographes de cette exposition, nous trouverons des corps imparfaits, de femmes aux vergetures, aux cicatrices, aux seins tombants, bref, des corps vrais, dénués de toute dimension sexuée, non objectifiés avec comme seul stupre leur seule réalité. C’est ainsi que notamment sous l’oeil de Camille de Buhren, le ou la visiteur.se sera convié.e à se dire que son corps jusque là si désavoué n’est pas si mauvais. Mais là n’est pas question du seul projet artistique que nous offre l’exposition. À l’inverse, il y’aura aussi des hommes qui seront alors à leur tour érotisés. Car là où la femme en a bien souffert, l’homme n’est que discret dans la photographie de sa nudité. C’est ainsi que Marc Turlan par exemple, avec son oeil ambitieux et désinvolte, propose des photographies au delà de toute censure et en deçà de la simple volonté de libérer le corps apollinien de Nietzsche. Enfin, d’autres points de vue seront à découvrir parmi les neuf autres artistes, comme la plasticienne Sarah Salazar le laisse deviner, proposant des corps modelés, exempts de leur sens primitif, de leur existence en tant que porteur d’une essence, pour devenir au nom de l’art et de l’esthétique chorégraphique, une oeuvre unique.

Sarah Salazar, Corps Raccords. Modèles : Tabatha et Romain, première session le 7 mars 2020, deuxième session le 6 octobre 2020, Canon 7D Mark II.

Vous l’avez compris, Objectif Nu s’engage à diversifier la vision que nous avons de nos corps et de ceux des autres afin d’affirmer la nature corporelle humaine. C’est à travers la nudité de ses modèles photographiés à l’argentique et au numérique – mais aussi à travers des vidéos thématiques sur le bodypositive, le nu artistique dans la photographie ou encore la censure – que le collectif Objectif Nu se place dans ce mouvement d’émancipation qui, depuis quelques années, touche gracieusement les réseaux sociaux et de plus en plus la mode, pour une universalité esthétique de la corporéité assumée.

Image de présentation : Mathieu alias Westmat, (de gauche à droite) Aria, Francesca, Nalick, Julien, Yolande, Maïssa / Nous sommes.

>> Découvrez l’exposition online sur le site objectifnu.fr

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