Sofia Salazar s’est distinguée avec un prix coup de cœur dans le concours artistique Art Students Week qui s’est déroulé en avril 2021 sur Instagram. « il y a des corps fatigués par le voyage qui cherchent à s’enraciner » : c’est à partir de cette phrase-clé que la sculptrice équatorienne de 22 ans, travaille depuis 2019. L’artiste est venue étudier à l’école des Beaux Arts de Lyon et se forme auprès des artistes Pauline Bastard et Niek Van de Steeg. En 2021, elle est présente dans deux expositions, en juin à Paris et en juillet en Equateur. Avec pour projet, de développer un travail collectif intitulé « Umbilicas » en duo avec l’artiste brésilienne Zoe Baranek.

Tout l’art de Sofia Salazar se concentre autour de l’idée du déplacement et de l’affection. L’emballage est utilisé tel quel pour insister sur sa fonction de contenant ou bien reproduit avec des matériaux différents afin de souligner les gestes issus de traditions artisanales. « Je conçois mes pièces comme des espaces de réconciliation, de différents contextes, produits par divers déplacements », explique t-elle. L’artiste évoque la négociation entre l’objet et son histoire, aussi comme une sorte de geste de construction, vecteur de transformations de l’objet. Quels sont les sentiments induits dans l’objet ? « J’entretiens une relation affective avec les objets que je construis, une relation qui se tisse également entre les objets eux mêmes », poursuit-elle. L’artiste est attachée au « Carino » (affection), lorsque l’on dit « faire un carino », c’est lié à un geste affectif et à la nostalgie.

De l’Amérique Latine à Lyon : Sofia Salazar aborde des thèmes comme le colonialisme ou les questions identitaires. L’artiste s’inspire de Cécilia Vicuna, poétesse et performeuse chilienne qui, à travers son travail, montre l’importance du langage, ou bien de l’artiste franco-colombien Marcos Avila Forrero, réalisateur de films. Elle se réfère au livre « Beyond the Fantastic Contemporary Art Criticism from Latin America » du critique et commissaire d’art Gerardo Mosquera.

Sur Instagram, elle poste peu sur la plateforme sociale qu’elle utilise pour y montrer essentiellement son processus de création, notamment en Story. Cependant, le réseau a beaucoup influencé son travail, dit-elle. « A force d’y montrer des objets abandonnés dans la rue, des matelas notamment, j’ai fini par en créer en carton ».

A suivre sur Instagram @sofiasalazarbb

Anna de Oliveira, IESA Art&Culture (atelier d’écriture Anaïd Demir)

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